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Dernière MAJ: 17 juin 2013

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Les fées

En mai les fées ont fort à faire. Peu de gens le savent, mais elles sont chargées de la peinture des fleurs. Sans fées, les fleurs n’auraient pas de couleurs, vous imaginez ça ? Toute la nuit, en mai, elles virevoltent de branche en branche avec leurs petits pinceaux et leurs minuscules tubes de gouache. Selon le tempérament de la fée on voit des fleurs unicolores et très vives, comme les boutons d’or, ou des fleurs aux dégradés délicats comme celles de certains hibiscus. C’est un travail que la plupart décrivent comme fatiguant mais joyeux ; elles aiment se retourner au petit matin et contempler le fruit de leurs efforts.

Pourtant des dangers les guettent. Les ailes délicates des fées se prennent parfois dans les épines des buissons, occasionnant des blessures graves pouvant aller jusqu’à les empêcher de voler. Avant de le savoir, quand je voyais des haies, je pensais aux nids des oiseaux et je me réjouissais. Évidemment, mon point de vue a changé : en fait les haies font fort amer.


Texte écrit sur une consigne des Impromptus Littéraires et publié là-bas.

Cinq et six font onze

Miss Alfie m’a taguée ! Le principe du tag : je vais lister onze faits sur moi, puis répondre à ses onze questions, enfin en proposer onze de mon cru. 

Voici donc onze faits sur moi.

  1. J’ai du mal à comprendre quand on me dit qu’un sujet est ennuyeux. Je pense que suffisamment bien expliqué, avec passion si possible, même le cycle de vie d’une amibe peut m’intéresser.
  2. Par contre je considère que pas mal de choses ne me regardent pas, notamment la vie des autres s’ils ne souhaitent pas m’en parler, et je n’aime pas qu’on me mette le nez dessus de force.
  3. Pour mon ordinateur personnel, j’ai quitté Windows pour Ubuntu il y a quelques années, puis Ubuntu pour Fedora il y a près d’un an. Je pense en faire un billet depuis si longtemps que je ne sais pas s’il verra vraiment le jour.
  4. Dans l’idée, j’aime les ongles vernis. Dans les faits, je ne prends quasiment jamais le temps de vernir les miens. Je me contente d’admirer ceux des autres.
  5. Je suis accro aux boucles d’oreilles. Je ne sors quasiment jamais sans, et j’en change presque tous les jours.
  6. J’aime aussi que mes chaussures soient colorées, même si c’est plus difficile à assortir avec ce que je porte que si j’avais simplement une paire de chaussures noires ou beiges.
  7. En ce moment, je ne lis presque que de la SF ou de la fantasy. À chaque fois que j’ouvre un roman qui se passe dans le monde réel, il me tombe des mains. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, ça dure en général quelques semaines, et ça repart.
  8. Je trouve toujours aussi satisfaisant de marquer une tâche comme “effectuée” dans Remember The Milk.
  9. Je fais toujours une liste avant de faire les courses. Ça m’évite de me retrouver dans ma cuisine comme une nouille devant mon placard auquel manque un élément crucial de ma recette, et ça limite aussi les achats d‘“impulsion”.
  10. Le point précédent s’applique aussi à mes achats de vêtements.
  11. D’ailleurs, en parlant de fringues, une amie m’a donné il y a quelques mois un conseil précieux : “Arrête d’acheter des vêtements que tu trouves jolis sur le cintre, cherche plutôt à définir ton style et achète des vêtements qui te correspondent.” Vous savez quoi ? Ça marche.

Mes réponses aux questions de Miss Alfie :

  1. Soir ou matin ? Le matin pour la journée qui s’offre, le soir pour la douceur du repos.
  2. Été ou hiver ? De préférence hiver, mais sans verglas si possible !
  3. Rouge ou noir ? Rouge.
  4. Thé ou café ? Café.
  5. Beurre doux ou beurre salé ? Pas de beurre. Je n’aime pas le beurre.
  6. Thriller ou poésie ? Poésie, je suis trouillarde comme pas permis et les poètes vous emmènent ailleurs comme personne (il faudra que je vous parle de ce recueil de Bauchau !)
  7. Slip ou caleçon ? Culotte. J’adore ce mot.
  8. Brel ou Cabrel ? Pas plus fan de l’un que de l’autre.
  9. Papier ou numérique ? Pourquoi choisir ? Les deux, mon général !
  10. Mayenne ou Haute-Saône ? Je n’ai jamais mis les pieds ni dans l’une ni dans l’autre.
  11. Londres ou Paris ? Je n’ai fréquenté ces deux villes qu’en touriste, je ne les connais pas très bien. J’ai une petite préférence pour Londres, mais ça pourrait changer.

Et voici celles que je pose à ceux qui voudront bien y répondre :

  1. Si tu pouvais effacer un mot de la langue française, lequel choisirais-tu ?
  2. Et si tu pouvais en ajouter un ?
  3. Penses-tu que Il voulait jouer de l’hélicon soit une bonne épitaphe ?
  4. Si je te dis “couleur”, à quoi penses-tu ?
  5. Et “flûte”, pour toi, c’est d’abord un instrument de musique ou un semi-juron ?
  6. Quel est le temps idéal pour toi ?
  7. Et le pire ?
  8. Si tu devais choisir de te passer de sucre ou de sel, lequel choisirais-tu de garder ?
  9. Quel est le lieu que tu rêverais de visiter ?
  10. Pourquoi ?
  11. Est-ce que ça se voit beaucoup que j’arrive au bout de mon inspiration ?

Ce tag a déjà pas mal circulé, je vais avoir du mal à désigner onze blogueurs qui ne l’ont pas encore fait (ou refusé). Attrape donc qui veut !

La cartographie des nuages, de David Mitchell

Voilà un roman curieux, dont la structure est originale. Il y a six histoires, dont cinq découpées en deux parties et disposées, comme des poupées russes, autour de la sixième. Autrement dit, on lit la première partie de cinq récits, puis le sixième en entier, puis la deuxième partie du cinquième, de la quatrième, etc. C’est spécial. On peut même penser que c’est un poil exagéré. En fin de compte, ça ne m’a pas dérangée plus que ça dans ma lecture, puisque ce n’est pas gratuit ; chaque histoire résonne et fait résonner les autres.

Chaque intrigue est centrée sur un personnage. Elles sont dans l’ordre chronologique, du XIXe siècle jusqu’au futur lointain, et sont écrites dans des formes et des styles différents : journal de bord, lettres, dialogue… Je vous laisse découvrir l’histoire et l’époque de chaque personnage, je ne voudrais pas en dire trop.

Le résultat est foisonnant. Le découpage peut rebuter au premier abord, mais je conseillerais à tous ceux qui ne sont pas définitivement allergiques aux structures bizarroïdes de s’accrocher ; je trouve que malgré quelques faiblesses, le résultat en vaut largement la peine.

Cartographie des nuages est disponible chez Points, il ne faut pas s’arrêter à la couverture qui est ultra moche. C’est l’affiche du film qui en a été tiré (et dont, ne l’ayant pas vu, je ne peux rien vous dire).

Siloé

La première fois que je t’ai rencontrée, j’étais distraite. Tu es la grande sœur de Luna, qui est dans la même classe que mon fils. Un jour, la mère de Luna m’a proposé de venir passer l’après-midi chez elle, Luna avait très envie de jouer avec mon fils. J’ai dit oui. C’est ainsi, en débarquant chez elle avec mon fils, ma fille et la poussette, que j’ai fait ta connaissance. Ta mère t’a désignée d’un geste de la main, “et ça c’est Siloé”, j’ai tout juste eu le temps de voir un joli sourire, de répondre à ta question sur le prénom de ma fille, et j’ai été embarquée dans le salon pour être présentée aux autres frères et sœurs de Luna (deux grands frères, une grande sœur adulte), puis discuter “entre adultes” pendant que “les enfants” jouaient dans votre chambre, à Luna et à toi. Ta mère et moi avons peu d’atomes crochus, nous avons tout de même maintenu la conversation un bon moment, jusqu’à ce que vous descendiez jouer à côté de nous. Quand tu as entendu que j’aimais lire, tes yeux se sont illuminés, tu as dit “moi aussi”. Je t’ai demandé quels étaient tes livres préférés, nous avons échangé deux ou trois phrases, et puis je ne sais plus, il s’est passé quelque chose, ma fille est tombée peut-être ? Tu as disparu de mon champ de vision, je n’ai pas le souvenir que nous nous soyons parlé à nouveau ce jour-là.

Je t’ai revue ensuite, toujours pressée, sur le chemin de l’école avec ta mère et ta sœur. Quand j’y repense, je ne vois de toi que des détails : tes tresses qui sautillaient, tes chaussures roses. Une fois que j’avais tourné les talons, je me mordais les doigts de ne pas t’avoir vraiment regardée, vraiment parlé. Je me disais, après coup, toujours trop tard, que je voulais te conseiller la série des Kamo, qui pourrait sûrement bien te plaire, et qui était à la bibliothèque, je savais que ta mère vous y emmenait de temps à autre.

Les vacances d’été sont passées sans que nous nous voyions. Je ne m’inquiétais pas, je savais que toute ta famille était partie dans le sud pour un mois au moins, voir la famille. Puis la rentrée est arrivée, le retour à l’école. Luna et mon fils ont découvert qu’ils n’étaient pas dans la même classe, il y a eu des torrents de larmes à essuyer les premiers matins. C’est peut-être pour ça qu’il m’a fallu une semaine pour me rendre compte que tu n’étais pas à côté de ta mère ces matins-là. Quand l’idée de ton absence a enfin germé dans mon crâne, je me suis dit que j’avais dû mal comprendre, que tu étais un peu plus vieille que je le croyais, neuf ou dix ans et pas sept ou huit, et que tu étais partie au collège, tout bêtement. Je me suis accrochée à cette idée quelques jours, mais j’avais un gros doute, non, vraiment, tu m’avais l’air trop jeune pour l’entrée en sixième. J’ai fini par prendre mon courage à deux mains et demander à ta mère où tu étais.

Je ne risque pas d’oublier le regard qu’elle m’a lancé.

Interloqué au possible.

Je n’aurais pas dû insister, je l’ai fait quand même. Elle m’a répondu qu’elle ne connaissait pas de Siloé. Et qu’elle n’avait que quatre enfants, une grande fille, deux grands garçons et Luna.

J’ai posé deux-trois questions à d’autres parents, d’autres enfants, mais rien, nichts, nada. Personne ne se souvenait de toi. J’ai compris que je finirais par passer pour une folle si j’allais plus loin, j’ai gardé mes questions pour moi.

C’était il y a quelques années de cela, mais tu restes dans ma mémoire. Je n’ai jamais su si tu avais disparu de la surface du monde, ou si je t’avais simplement imaginée.

Entremonde, de Neil Gaiman et Michael Reaves

On a tous des pet peeves, de petites choses qui nous énervent bien plus qu’elles ne le devraient. À la petite liste que j’ai déjà établie, il faudrait ajouter les résumés derrière les livres qui dévoilent quasiment toute l’intrigue. Je rêve de faire recopier cent fois aux responsables de ces bévues quelque chose comme “un résumé en quatrième de couverture doit donner suffisamment d’éléments pour donner envie au lecteur de continuer, mais pas tant d’éléments que la lecture du livre devient quasiment superflue”. Avec les voyelles en bleu et les consonnes en rouge.

Refermons cette parenthèse, et venons-en à l’objet du billet de ce jour, le roman de Neil Gaiman et Michael Reaves, Entremonde (dont, vous l’aurez compris, il vaut mieux ne pas lire le résumé à l’arrière). C’est un roman jeunesse, fantastique. Tout commence pour Joey, héros malgré lui de cette histoire, le jour où il se perd dans sa propre maison. Tout continue le jour d’une course d’orientation, où il se perd encore, alors qu’il voulait impressionner la fille avec qui il était. Il comprend assez vite qu’il est capable de glisser dans des mondes parallèles. Il n’est pas le seul, et cette capacité excite des convoitises. Nous voilà donc suivant Joey, découvrant avec lui ses capacités étranges et ce qui en découle.

L’intrigue est bien ficelée, peut-être un peu rapide à mon goût, mais tout à fait correcte pour un roman jeunesse (je ne le recommanderai pas aux adultes qui n’ont pas l’habitude d’en lire). La postface nous apprend que les auteurs avaient d’abord eu l’idée d’une série télévisée qui ne s’est pas faite pour des questions de gros sous. C’est dommage, car le format aurait pu permettre de développer l’histoire juste comme je l’aurais souhaité… En attendant, Entremonde est un chouette roman jeunesse, disponible chez J’ai Lu.

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