Je me tiens plutôt éloignée de l’actualité ces temps-ci. J’écoute France Inter, sauf les infos, parce que je leur trouve le même défaut que presque partout ailleurs : faits divers, oui, petites phrases, oui, analyse, zéro. Je devrais probablement m’informer sur France Culture, mais pour l’instant je trouve au fond assez reposant de me tenir “en dehors”.
Tout ça pour en venir au fait : je suis tombée par hasard cette semaine sur un débat sur les parrainages des maires pour les candidatures aux présidentielles, et plus particulièrement sur la question de l’anonymat. Je dois reconnaître que le contenu m’a étonnée. On y parlait de la légitimité de la candidate du FN, et on soulignait que l’anonymat lui permettrait sûrement d’obtenir plus facilement les signatures. On répondait que si les maires ne pouvaient pas la parrainer en public, alors sa candidature n’était peut-être pas si légitime que ça. Autrement dit, on parlait des effets de la publicité ou de l’anonymat de ces fameux parrainages, mais personne pour parler des causes.
Voyez-vous, il me semble que le pouvoir de parrainer - ou pas - un candidat à la présidentielle ne vient pas des dieux. Ni le Saint-Esprit, ni Hermès ne sont descendus du ciel pour donner ce pouvoir aux trente ou quarante mille maires de France. Ils détiennent ce pouvoir grâce à nos voix, parce que nous les avons choisis pour nous représenter dans le cadre de notre commune. Il me semble donc que c’est la moindre des choses qu’ils aient des comptes à rendre sur ce qu’ils en font.
Après tout, rien n’interdit à un maire qui croit sincèrement que la candidate du front est légitime à concourir aux présidentielles, même si ses idées le font vomir, de l’expliquer à ses administrés, si ? Faire un effort de pédagogie au lieu de penser que ses électeurs sont obligatoirement des abrutis qui vont le juger crypto-frontiste sans écouter ce qu’il a à dire. Se donner une chance de faire ce qu’il croit juste et de l’expliquer, quitte à le payer plus tard, plutôt que de faire passer son envie de se faire réélire avant tout. Bref, prendre ses responsabilités vis-à-vis du pouvoir qu’on lui a confié au lieu de vouloir se cacher.
Si ça se trouve, ce que je viens de dire est parfaitement banal, auquel cas je vous en demande pardon : comme je vous le disais, ces temps-ci, je me tiens plutôt éloignée de l’actualité.



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