Au temps bien lointain où j'étais à l'école, j'étais une buse en histoire. La raison était très simple : j'étais infichue de retenir les dates, et ma mémoire avait - a toujours - une sale tendance à ne retenir que ce qui l'intéresse. L'histoire "récente" (les deux derniers siècles en gros) pas de problème, avant ça j'étais paumée.

Deux personnes sont venues à mon secours : Maurice Druon et Alexandre Dumas (inutile de me casser les pieds, je sais que Dumas avait des nègres - paradoxal pour un petit-fils d'esclave - mais ce n'est pas mon propos aujourd'hui.)

D'abord Alexandre Dumas. J'ai commencé à lire Les trois mousquetaires assez jeune, vers 10 ans, puis j'ai lu la suite (20 ans après et Le vicomte de Bragelonne), j'ai aussi lu La Reine Margot... Tous ces bouquins m'ont tellement intéressée, m'ont emmenée ailleurs de façon si brillante qu'aujourd'hui encore ce que je sais de l'histoire de France je le dois en grande partie à Dumas. Le moyen de ne pas s'intéresser à nos mousquetaires si braves, à leurs aventures qui bon, d'accord, sont un peu rocambolesques, mais dont on redemande !

C'est grâce à Dumas que je sais que Richelieu était éminence grise sous Louis XIII, que Mazarin a pris le relais après la mort du roi, que la Fronde s'est déroulée pendant l'enfance de Louis XIV, qu’Henri IV était un protestant converti... Je sais que je ne peux pas prendre ce qu'il écrit comme argent comptant (qui couche avec qui par exemple) - ce sont des romans, de la fiction après tout - mais le cadre historique est correct, c'est ce qui compte.

Ensuite est arrivé dans mon univers de lecture Maurice Druon, l'auteur des Rois Maudits, je-ne-sais-plus-combien-logie flamboyante qui démarre à l'époque de Philippe Le Bel. Au début de cette saga le roi condamne à mort le grand chef de l'ordre des Templiers, Jacques de Molay. Celui-ci meurt sur le bûcher en maudissant le roi de France, le Pape et je ne sais plus qui d'autre (il faudrait que je relise mais depuis la dernière adaptation télé plus moyen de mettre la main dessus à la bibliothèque) sur 13 générations. Malédiction réussie ou malice des hommes, en effet les rois vont mal. Là encore, à prendre avec la distance qui convient mais le cadre historique est correct. Maurice Druon m'a sauvé la mise au collège.

Si seulement les profs d'histoire pouvaient de temps en temps devenir des profs d'histoires et nous refiler une belle envie d'en savoir plus !