Avant, je n’avais pas une très bonne image de Michel Fugain. En gros, pour moi, Fugain, c’était Fais comme l’oiseau, Chante comme si tu devais mourir demain, des chansons que sans jamais les avoir vraiment écoutées je trouvais un peu con, un peu trop simples à mon goût.

C’était hier. C’était avant que par un concours de circonstances je n’aille voir le bonhomme en concert. Depuis, tout a changé dans ma tête, et en bien.

En concert, on est forcément plus immergé dans la musique que quand on entend pour la énième fois une chanson dans une version des années 1970… J’ai pu redécouvrir dans des versions plus modernes les chansons que je croyais connaître, et nom d’un chien, j’ai adoré ça. J’en ai aussi découvert d’autres. Celles dont j’ignorais complètement qu’elles fussent de lui - par exemple, Je n’aurai pas le temps ou Chaque jour de plus, que j’ai toujours adorées. Celles que je n’avais jamais entendues, et il y en avait. Forteresse, Le chiffon rouge, Je parlerai de toi… Un répertoire que je ne soupçonnais absolument pas.

Ça m’a donné l’occasion de réfléchir, une fois de plus, sur cette tendance qu’on a tous plus ou moins, celle de mettre les gens dans des cases. J’avais enfermé Michel Fugain dans celle d’amuseur un peu con, et j’avais complètement tort. D’abord parce qu’il n’a pas chanté que des chansons joyeuses. Ensuite, et surtout, parce qu’on peut aussi être joyeux sans être con. Fais comme l’oiseau, ce n’est pas Le petit bonhomme en mousse. On peut bien chanter la joie, le plaisir d’être en vie, ce n’est pas forcément signe qu’on va chanter des conneries. Ce soir-là, Michel Fugain a distribué du bonheur à toute l’assistance, je crois, et il l’a fait avec la même délicatesse qu’un Michel Boujenah quand il nous fait rire.

Rajoutez à ça une vitalité pas possible, des orchestrations toutes simples, et une voix belle, juste et qui ne bouge pas d’un poil après deux heures de concert, et vous comprendrez pourquoi je vous conseille très chaudement d’aller le voir s’il passe dans votre région.