Avant, je n’avais pas une très bonne image de Michel Fugain. En gros, pour moi, Fugain, c’était Fais comme l’oiseau, Chante comme si tu devais mourir demain, des chansons que sans jamais les avoir vraiment écoutées je trouvais un peu con, un peu trop simples à mon goût.
C’était hier. C’était avant que par un concours de circonstances je n’aille voir le bonhomme en concert. Depuis, tout a changé dans ma tête, et en bien.
En concert, on est forcément plus immergé dans la musique que quand on entend pour la énième fois une chanson dans une version des années 1970… J’ai pu redécouvrir dans des versions plus modernes les chansons que je croyais connaître, et nom d’un chien, j’ai adoré ça. J’en ai aussi découvert d’autres. Celles dont j’ignorais complètement qu’elles fussent de lui - par exemple, Je n’aurai pas le temps ou Chaque jour de plus, que j’ai toujours adorées. Celles que je n’avais jamais entendues, et il y en avait. Forteresse, Le chiffon rouge, Je parlerai de toi… Un répertoire que je ne soupçonnais absolument pas.
Ça m’a donné l’occasion de réfléchir, une fois de plus, sur cette tendance qu’on a tous plus ou moins, celle de mettre les gens dans des cases. J’avais enfermé Michel Fugain dans celle d’amuseur un peu con, et j’avais complètement tort. D’abord parce qu’il n’a pas chanté que des chansons joyeuses. Ensuite, et surtout, parce qu’on peut aussi être joyeux sans être con. Fais comme l’oiseau, ce n’est pas Le petit bonhomme en mousse. On peut bien chanter la joie, le plaisir d’être en vie, ce n’est pas forcément signe qu’on va chanter des conneries. Ce soir-là, Michel Fugain a distribué du bonheur à toute l’assistance, je crois, et il l’a fait avec la même délicatesse qu’un Michel Boujenah quand il nous fait rire.
Rajoutez à ça une vitalité pas possible, des orchestrations toutes simples, et une voix belle, juste et qui ne bouge pas d’un poil après deux heures de concert, et vous comprendrez pourquoi je vous conseille très chaudement d’aller le voir s’il passe dans votre région.

Commentaires
Le chiffon rouge !
J'ai cliqué pour aller voir les paroles ; pour vérifier que c'etait bien les mêmes que celles entendues en décembre 95 dans une manif anti Juppé (désolé, je n'aime pas les foules, alors pour me trainer dans une manif ...)
Chanté par un groupe un peu important ça a une sacré gueule !
Donc, bravo à Vidalin et Fugain.
Et merci Anna de me faire découvrir ce détail, sur un chanteur que j'aime bien ; forcément, j'suis un vieux ...
Chanté a capella en fin de concert, par un Fugain épuisé mais dont la voix était aussi fraîche que deux heures plus tôt, à un public qui refusait de le laisser partir tellement c'était chouette, c'était assez incroyable aussi. :-)
J'avais un 33 tours (à l'âge de pierres, la tête de lecture était en silex) et j'écoutais "je n'aurai pas le temps" en boucle. Vraiment en boucle. Plein de fois.
Je ne connais pas "le chiffon rouge" mais (je ne sais pas pourquoi) j'ai une sympathie d'entrée en lisant les paroles ! En fait je n'avais aucune idée de ses penchants politiques qui ne gâchent rien (par exemple, je n'écoute plus Polnareff de la même façon).
Kiki :-)
Kiki : j'ai essayé de la trouver en écoute, mais j'ai fait chou blanc. :-)
Je sais pas si c'est bon, les fonctionnaires ne pouvant gaspiller vos impôts à l'écoute des streamings et autre
http://radioquinquin.free.fr/Radio_...
On m'avait présenté la chanson comme étant l'hymne de la CGT (ce qui est peut être vrai), ce qui aide à trouver.
Oui, c'est bon, merci ! L'orchestration n'a pas très bien vieilli, mais c'est exactement ça. Michel Fugain raconte sur son site comment il l'a écrite avec Maurice Vidalin. Malheureusement c'est tout en flash, je ne peux pas vous faire de lien direct. Il faut cliquer là puis en bas sur "accès direct" et enfin sur "Chiffon rouge".