Il y a un moment que je n’écoute plus très souvent les radios musicales de variété. Je n’ai pas de raison particulière pour ça (les coupures pub sont insupportables, mais il suffit généralement de zapper entre deux ou trois stations pour les éviter). Ce week-end, j’ai eu envie de m’y remettre. je me suis dit que c’était une façon comme une autre d’aérer mes oreilles en écoutant du neuf, une qui ne passait pas par Internet comme les autres que j’utilise.

Aérer mes oreilles… Ah ouiche !

Je ne sais pas si c’est quelque chose de nouveau ou si je le remarque seulement maintenant, mais le matraquage (désolée, c’est un cliché, mais il est bien choisi) de quelques titres sur les stations de radio est effarant. C’est bien simple, en un week-end (ou je n’ai même pas laissé la radio allumée tout le temps, loin de là), et en naviguant sur deux ou trois stations, j’ai entendu une dizaine de fois :

  • On aime (comme on a été aimé), par Jean-Louis Aubert,
  • Lucky, par Jason Mraz,
  • Le roi des ombres, par -M-,
  • In your hands, par Charlie Winston.

Certains titres sont passés un peu moins souvent, F*ck you, par Lily Allen, je ne l’ai entendu que quatre ou cinq fois, par exemple.

Est-ce que c’est seulement moi, ou est-ce que c’est foncièrement agaçant ?

Je m’explique. En gros, on peut classer ma première réaction face à une chanson en trois catégories. J’aime, je m’en fous, je déteste. Si j’aime, je ne vais pas aimer plus parce que je l’entends souvent, au contraire, je risque de passer de “j’aime” à “mais à petites doses, merci”, donc je ne vais pas acheter l’album. Si c’est bof, mon plaisir à l’entendre ne va pas non plus augmenter en l’entendant dix fois, je risque de passer de “bof” à “quelle scie” (cas de Lucky, typiquement, qui envahit bien la tête). Si je n’aime pas, l’entendre trois fois en deux heures risque de me pousser à éteindre ma radio en poussant des jurons peu élégants, voire, sacrilège des sacrilèges, à laisser tomber les radios variété et zapper une bonne fois pour toutes sur France Culture, parce que je préfère écouter quelque chose d’intelligent, quitte à ne pas tout capter si je fais autre chose en même temps, que me taper la même bouse, les mêmes paroles indigentes et mélodies navrantes plusieurs fois par jour.

Là-dessus, quatre théories. La première : j’ai utilisé ces radios d’une manière qui n’est pas prévue dans le manuel. On est peut-être sensé les écouter une heure, pas plus. Normalement, en une heure, il n’y a pas de redites. Ou bien, une fois de plus, c’est un truc qui est fait pour des gens trop différents de moi, qui peuvent être amenés à aimer une chanson à la dixième écoute et pas avant. Peut-être aussi, troisième hypothèse, qu’une fois qu’on s’est habitué à entendre la même chanson dix fois par jour, on est en manque quand la radio la déprogramme, et on achète l’album pour pallier à ce manque. Ou encore, théorie que je préfère, les programmateurs des radios musicales reçoivent des pots-de-vin de Radio France ou du club des amateurs de silence. Si c’est le cas, arrêtez, les gars. Je vous comprends. Mais je suis sûre qu’on peut programmer une radio de variété avec plus de cinquante titres différents, et je serais curieuse d’entendre ce que ça pourrait donner.