FM
Publié le lundi 27 juillet 2009 - La vie, l'univers et le reste - Lien permanent
Il y a un moment que je n’écoute plus très souvent les radios musicales de variété. Je n’ai pas de raison particulière pour ça (les coupures pub sont insupportables, mais il suffit généralement de zapper entre deux ou trois stations pour les éviter). Ce week-end, j’ai eu envie de m’y remettre. je me suis dit que c’était une façon comme une autre d’aérer mes oreilles en écoutant du neuf, une qui ne passait pas par Internet comme les autres que j’utilise.
Aérer mes oreilles… Ah ouiche !
Je ne sais pas si c’est quelque chose de nouveau ou si je le remarque seulement maintenant, mais le matraquage (désolée, c’est un cliché, mais il est bien choisi) de quelques titres sur les stations de radio est effarant. C’est bien simple, en un week-end (ou je n’ai même pas laissé la radio allumée tout le temps, loin de là), et en naviguant sur deux ou trois stations, j’ai entendu une dizaine de fois :
- On aime (comme on a été aimé), par Jean-Louis Aubert,
- Lucky, par Jason Mraz,
- Le roi des ombres, par -M-,
- In your hands, par Charlie Winston.
Certains titres sont passés un peu moins souvent, F*ck you, par Lily Allen, je ne l’ai entendu que quatre ou cinq fois, par exemple.
Est-ce que c’est seulement moi, ou est-ce que c’est foncièrement agaçant ?
Je m’explique. En gros, on peut classer ma première réaction face à une chanson en trois catégories. J’aime, je m’en fous, je déteste. Si j’aime, je ne vais pas aimer plus parce que je l’entends souvent, au contraire, je risque de passer de “j’aime” à “mais à petites doses, merci”, donc je ne vais pas acheter l’album. Si c’est bof, mon plaisir à l’entendre ne va pas non plus augmenter en l’entendant dix fois, je risque de passer de “bof” à “quelle scie” (cas de Lucky, typiquement, qui envahit bien la tête). Si je n’aime pas, l’entendre trois fois en deux heures risque de me pousser à éteindre ma radio en poussant des jurons peu élégants, voire, sacrilège des sacrilèges, à laisser tomber les radios variété et zapper une bonne fois pour toutes sur France Culture, parce que je préfère écouter quelque chose d’intelligent, quitte à ne pas tout capter si je fais autre chose en même temps, que me taper la même bouse, les mêmes paroles indigentes et mélodies navrantes plusieurs fois par jour.
Là-dessus, quatre théories. La première : j’ai utilisé ces radios d’une manière qui n’est pas prévue dans le manuel. On est peut-être sensé les écouter une heure, pas plus. Normalement, en une heure, il n’y a pas de redites. Ou bien, une fois de plus, c’est un truc qui est fait pour des gens trop différents de moi, qui peuvent être amenés à aimer une chanson à la dixième écoute et pas avant. Peut-être aussi, troisième hypothèse, qu’une fois qu’on s’est habitué à entendre la même chanson dix fois par jour, on est en manque quand la radio la déprogramme, et on achète l’album pour pallier à ce manque. Ou encore, théorie que je préfère, les programmateurs des radios musicales reçoivent des pots-de-vin de Radio France ou du club des amateurs de silence. Si c’est le cas, arrêtez, les gars. Je vous comprends. Mais je suis sûre qu’on peut programmer une radio de variété avec plus de cinquante titres différents, et je serais curieuse d’entendre ce que ça pourrait donner.

Commentaires
Il se passe un truc à l’adolescence, que l’on conserve plus ou moins en vieillissant, mais quand on aime, on se goberge, on se gave, plus on aime et plus on veut entendre la même chose, Donc, matraquer fait vraiment vendre, auprès de la masse des jeunes consommateurs et des “enfants de la radio”.
Mais bon, vu que je me suis fait trois fois de suite le film de Djac, je ne jette pas la pierre! ;)
Donc c’est une question de public, ce sont des radios pour djeun’s. Je me demande quand même si ça existe en version adulte.
Hihihi c’est très vrai. En fait ça dépend, pourquoi écoutes-tu la radio ?
Par exemple moi si je tombe sur une radio où je ne peux pas chanter pendant tois chansons d’affilée, je zappe. Il faut donc que ça soit des trucs que je connais, et pour que je les connaisse faut que je les répète… cqfd (Mais celle de JL Aubert jpeux pas la saquer et manque de bol elle passe tout le temps sur la radio que j’écoute… mais je la chante quand même en faisant gnagnagna… :-D)
On dirait qu’on a des buts diamétralement opposés ! J’écoute la radio pour écouter du neuf, ou du vieux que je n’ai pas entendu cent fois. :-)
En fait c’est un poil plus compliqué que ça.
Le matraquage a ses “avantages” (faire vendre, parce qu’à force on s’habitue) et ses inconvénients (dégoûter pas mal de gens) mais surtout… c’est économique.
La plupart des radios musicales fonctionnent avec des “playlists” gérées par ordinateur, on “rentre” des titres dans la base de données et hop ! ça génère du flux musical.
À l’intérieur, on met plus ou moins d’animateurs et de contenu (chroniques, journaux etc.) - sur les radios dites “jeunes” ça a tendance à être plutôt moins que plus.
Moins on a de titres, plus ils tournent et… moins ça prend de temps, donc de salaire.
Les coups de production d’une radio comme NRJ et ceux de France Culture, par ex, où chaque heure de programme mobilise toute une équipe, n’ont tout simplement rien à voir.
Inutile de préciser que les résultats en termes de contenu n’ont pas grand chose à voir non plus ^^
Je bosse pour des radios où les programmateurs font un vrai boulot de recherche, de découverte, où il y a beaucoup de morceaux “en prog”, et où moi-même en tant qu’auditrice je découvre pas mal de choses ; or, quand j’écoute une de ces radios pendant plusieurs jours, il y a toujours des morceaux qui viennent à me lasser parce qu’ils reviennent trois, quatre fois dans une journée…
… autant dire que je n’ose pas imaginer ce que c’est sur des antennes plus “commerciales” où le taux de rotation est quatre à cinq fois plus élevé ^^
Si on peut les capter en province, est-ce que tu pourrais m’envoyer un mail avec le nom des radios où les programmateurs font un vrai boulot de recherche, de découverte (…) ? Sorti de Radio France et des grandes radios commerciales, je n’y connais que pouic.
Ha ben je serai preneuse aussi.
En même temps, est-ce que ce genre de radio atteint la province profonde? :-)
En ce qui concerne le matraquage: on a l’attente du stimulus ‘contenant’ cad rassurant qu’est la musique connue et/ou bien calée pour les oreilles du moment et donc la satisfaction de l’entendre, et le renforcement identitaire/d’appartenance groupale à l’écoute: or le bombardement du produit a aussi un impact commercial donc…
En revanche merci pour les précisions de l’interne économique Ama-L :-)
Parce que les radios de zizique, ca m’arrive de zapper dessus au pif (fausse manip en général) que dans l’auto en fait, et je ne tiens pas longtemps, j’ai la fâcheuse impression que tout se ressemble.