Café en toutes saisons
Publié le vendredi 12 mars 2010 - Jouons ! : Douze mots - Lien permanent
Je voudrais aujourd’hui tisser le chant joli
De la cuiller sur les parois du mug rempli
De délicieux café. Que de l’autre côté
De la fenêtre ouverte (ou bien d’ailleurs fermée)
Fleurisse le lilas pour orner Madeleine,
Que les massifs floraux semblent avoir de la peine
Tout seuls sur les ronds-points, que le soleil luisant
Mi-figue mi-raisin annonce le printemps,
Ou au contraire qu’il prolonge bien mon attente,
Me laisse neurasthénique et fort indolente,
Murmurer des “glagla” quand tous mes pulls sont sales,
Dire que tout m’escagasse et que je suis pâle,
Que le temps conviendrait bien à du cassoulet
Mais que depuis longtemps la boîte est périmée,
Tout cela m’importe peu quand j’entends ce chant
Que je sens l’odeur du moka, me pourléchant
J’oublie tout un moment, jusqu’au fond de de la tasse ;
Lorsque je l’atteins je suis rarement de glace,
Je m’exclame souvent “Par ma chandelle verte !”
(En effet l’ubuesque me rend plus alerte)
“Elle est déjà finie ! Allons en faire d’autre.
Car le café vaut bien mieux que les patenôtres.”
Texte écrit en suivant la contrainte définie dans ce billet.
Édité le 19/03/2010 : à lire, la participation de Lyjazz sur son blog.
Édité le 29/03/2010 : à lire, la participation
de Brendufat sur son blog.

Commentaires
On observera peut-être que c'est le deuxième texte que j'écris à la gloire du café (voilà le premier), ce à quoi je répondrai qu'on trouve l'inspiration où on peut. :-)
"Murmurer des “glagla” quand tous mes pulls sont sales"
Je crois que Valéry, Saint-John Perse et Mallarmé peuvent aller se rhabiller. Surtout Valéry. Les mots me manquent, reste l'émotion...
-sob-
Ah bon, tu as trouvé les pulls sales plus émouvants que le cassoulet périmé ? Tssssssss...
Toujours aussi surpris par la cohérence du texte.
Même l'atmosphère du temps actuel y est perceptible.
Vive l'oulipisme !
Tiens, le correcteur ne connait pas ce mot ; dans ses propositions, solipsisme me plait bien !
Merci, Pilou !
Notez que la partie amour du café est réelle, mais la partie sur la météo fictive - je préfère les saisons de transition (le printemps et l'automne) mais l'hiver qui dure me dérange moins qu'un été étouffant. :-)
*sifflement admiratif*
:-)
Je me souviens encore de ta réponse magistrale à la lettre de rupture que j'avais écrite il y a un an et des broutilles. Ça ne te tenterait pas de t'y coller avec ces mots-là ? :-)
echo :
*fitarimda tnemelffis*
Le siaçnarf, ya que ça de vrai !
Bon, ce jeu m'a fait envie.
Vous pouvez aller lire ma participation sur mon blog.