Je m’en vais vous parler du dernier film tiré de la série de J.K. Rowling : Harry Potter et les reliques de la Mort (première partie) (que j’abrégerai ensuite HP7a). Je l’ai vu au cinéma la semaine dernière, et comme je sais qu’on réagit différemment à une adaptation selon ce qu’on sait avant de son intrigue, et plus particulièrement quand il s’agit d’une série, je vais vous donner mon avis selon votre position. Un billet en trois parties.

Je commence avec mes recommandations pour les gens qui n’ont pas vu les films précédents, ni lu les livres. Je vais faire court : n’y allez pas. Je vous rappelle qu’il y a six films avant celui-là, tirés d’autant de tomes de la série. Le réalisateur n’aurait jamais pu raconter en quelques minutes tout ce qui se passe avant ce film et qu’il faut savoir pour comprendre celui-là. Il n’essaye pas de le faire, et d’après moi il a bien raison ; il vaut mieux offrir un bon film dès le début à ceux qui connaissent (au moins un peu) l’histoire que monter quelques scènes bancales, qui n’auraient de toutes façons jamais pu suffire à faire prendre le train en marche.

Deuxième catégorie : ceux qui ont vu les films précédents mais pas lu les livres. Il n’y a pas besoin d’avoir revu tous les films juste avant de voir celui-là : quelques rappels viennent rafraîchir la mémoire quand c’est nécessaire. Le rythme de HP7a est un peu plus lent que celui des films précédents, mais pas dans le mauvais sens du terme. On se précipite moins, l”histoire prend son temps, et vu tout ce qu’il y a à raconter ce n’est pas du luxe. Les décors, intérieurs et extérieurs, sont magnifiques, il y a des séquences surprenantes (notamment un passage animée de toute beauté). Cerise sur le gâteau, c’est amusant de voir les acteurs grandir, surtout quand (comme moi) on a revu le premier film peu de temps avant de voir HP7a. En bref : c’est un bon film. Rien à voir avec la soupe au navet qu’était Harry Potter et la coupe de feu.

Je finirai par écrire pour ceux qui ont vu les films précédents et lu les livres (je fais partie de cette population). (Non, c’est un euphémisme : j’adore les livres, je les ai beaucoup relus, et j’en parlerai plus longuement un jour ou l’autre.) Évidemment, cette partie contient des spoilers : ne la lisez pas si vous ne connaissez pas l’intrigue de Harry Potter et les reliques de la Mort !

J’ai été agréablement surprise par HP7a. Il y a des scènes longues, comme dans le livre. Certains points de l’histoire sont survolés, mais l’intrigue n’y perd pas trop, sauf la partie qui concerne les elfes de maison. J’ai regretté que le rapport entre Harry et Kreacher (Kreattur en français) ne soit pas plus développé, et ce pour une raison précise. Le combat entre Harry et Voldemort est un des avatars de l’éternel combat entre le bien et le mal, là-dessus je pense que tout le monde est d’accord. Voldemort incarne le mal, jusque là tout va bien : on le voit faire assez d’horreurs pour qu’il soit crédible dans ce rôle. Mais en quoi Harry incarne-t-il le bien ? Il n’est pas censé être parfait, bien sûr, mais tout de même - sa bonté ne peut pas se résumer à sa fidélité envers ses amis. Elle s’illustre très bien dans le roman lorsque les écailles lui tombent des yeux au sujet de Kreacher, qu’il est capable de lui pardonner sa part dans l’assassinat de Sirius et toutes les horreurs qu’il a pu lui dire, et établir une relation d’affection et de fidélité réelle et non imposée avec lui. Dans le film, on voit seulement Harry lui donner des ordres. C’est un peu dommage.

Les scènes dans le ministère de la Magie sont de toute beauté et fidèles au livre. Le conte des trois frères y est en entier, dans une scène animée très belle, aussi.

Les secrets de Dumbledore et le rôle de Grindewald ne sont (pour l’instant ?) qu’effleurés, mais le doute de Harry, et partant de là celui de ses compagnons, est palpable.

Si je dois conclure, à part une scène complètement ratée (je vous laisse découvrir laquelle), c’est vraiment une adaptation réussie, c’est à dire que sans coller tout à fait au livre, ce qui en général donne de mauvais films, HP7a restitue assez fidèlement le fil de l’intrigue et l’atmosphère de la première partie du roman, de manière fine et sensible.